Vie nocturne: pourquoi Lyon ne décolle pas?

vie nocturne -lyonDepuis un peu plus d’un mois, la ville réfléchit au devenir de sa vie nocturne. Réfection et tables rondes en tout genre sont organisées afin de mieux encadrer les nuits lyonnaises.

Lyon s’interroge sur sa vie nocturne, car depuis quelques mois la pression s’accentue dans le monde de la nuit, qui craint que Lyon devienne l’une de ces villes dortoir, où plus un chat ne traîne après minuit.

Certains établissements ont déjà fermé leurs portes: l’Albion, pub historique situé Rue St Catherine n’a pas résisté à la fermeture à 1h imposée par la préfecture dans un premier temps à une douzaine d’établissements situés derrière la place des Terreaux. Cette nouvelle est loin d’être anodine dans le monde de la nuit.

Cette première mesure, entrée en vigueur au 1er Juin dernier, n’est qu’un début. Dès janvier 2010, elle pourrait se généraliser avec une fermeture des bars à 1h00, des club discothèques à 4h00, restriction et fermeture de certaines terrasses… Et une pression accrue sur les établissements, où la survie de leur commerce ne dépend que d’une simple décision administrative délivrée de façon arbitraire.

Comment en est-on arrivé là, dans une ville qui dispose de nombreux atouts pour rivaliser avec d’autres métropoles européennes dans ce domaine? Car à Lyon, les clubs, bars et restaurants lyonnais sont nombreux et très divers, et créent une dynamique par leur regroupements sur plusieurs quartiers du centre ville. La ville dispose également de bonnes infrastructures par son réseau de transport en commun, mais aussi avec Eurexpo et le Transbordeur, qui permettent d’accueillir des grandes soirées ponctuelles. C’est aussi une des première ville étudiante en France. Enfin, plusieurs festivals, à l’instar des « nuits sonores » dynamisent le milieu de la nuit tout au long de l’année.

Mais voilà, victime de la chasse au bruit, Lyon s’endort et la tolérance de la préfecture a peu à peu disparu. L’arrivée il y a deux ans d’un nouveau préfet, Jacques Gérault (ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy),  a précipité les choses. Ce dernier a fait de l’insécurité son cheval de bataille (qui est, certes, le rôle d’un préfet). Face aux plaintes répétés des riverains, il a dernièrement rappelé lors d’une réunion publique sur l’insécurité les propos suivant: « La sécurité est un élément essentiel de la liberté dans un pays démocratique. […] Nous sommes là aux côtés des victimes, pas des délinquants » et d’ajouter sur les nuisances sonores,  »Vous avez le droit de vivre en sérénité et en tranquillité ».

Si le discours en rassure certains, les patrons de bars, restaurants et boîtes de nuit craignent une dérive sécuritaire et l’instauration de ce qu’ils n’hésitent pas à qualifier de couvre-feux. Des propositions ont bien été faites (permis à point, responsabilisation des établissements) et la mairie souhaite dialoguer avec la préfecture, souligne Jean-Touraine, premier adjoint délégué à la Tranquillité publique. Mais la Mairie de Lyon n’a qu’un avis consultatif sur ces sujets, et la préfecture, qui dépend du ministère de l’intérieur, semble peu ouverte au dialogue.

Dans ce contexte, l’inquiétude des professionnels est grande et on peut s’attendre à de prochaines fermetures. Sans autorisation d’ouverture tardive, un établissement a peu de chance de survivre à une époque où l’on sort de plus en plus tard et où tout démarre à minuit. De plus, en fermant les lieux à 1h00, de nombreux jeunes se retrouvent finalement place des Terreaux sans aucune occupation… contre productif pour les nuisances sonores.

Pour l’heure, les établissements tentent de se concerter. Grande pétition, manifestation…? Tout est envisageable pour sauver ce qui reste de la vie nocturne lyonnaise. Le problème n’est d’ailleurs pas spécifiquement lyonnais. Paris voit aussi ses clubs disparaître peu à peu, et fort est de constater que les touristes de passage n’ont plus aucun lieu où sortir le soir. Face à Londre, Berlin ou Barcelone, Lyon comme Paris, n’ont pas une offre nocturne crédible, élément pourtant nécessaire au développement de grandes métropoles.

FM / GayinLyon.com

Commentaires

6 commentaires sur “Vie nocturne: pourquoi Lyon ne décolle pas?”
  1. Valou dit :

    Bon article… Apparement le préfet aurait démenti vouloir appliquer de manière générale la fermeture a 1h et 4h. A suivre… Le mieux serait que ce vieux catho conservateur soit muté!!!

  2. Thib69 dit :

    Excellent article! c’est en effet ce qu’on constate depuis quelques temps. C’est carément déplorable pour la ville de lyon qui se veut une grande métropole européenne. De fait, le préfet et autres dirigeants imcompétents voient le monde de la nuit comme un probleme qu’il faut éradiquer et non comme un potentiel d’affaires succeptible de propulser lyon comme ville européenne à aprt entière!
    Le monde de la nuit est vitale pour l’évolution d’une ville, c’est un milieu d’échanges culturels, de partages, de respect et de plaisir dont le préfet ferait mieux de s’en inspirer.
    c’est bien beau de dépenser beaucoup d’argent dans des campagnes publicitaires internationnales pour le tourisme lyonnais, mais quel accueil vont avoir les étrangers quand ils viendront visiter et qu’ils n’auront pas le choix de retourner s’ennuyer dans leur hotel la nuit venue. Il n’y a pas que les vieilles pierres qui attirent, mais aussi l’ambiance d’une ville populaire ou on aimerait bien voir un peu plus d’activités la nuit tombée. Pouvoir se retrouver entre amis, découvrir régulièrement de nouveau lieux ou de nouveaux évenements, savoir qu’on est jamais seul et qu’il y a toujours quelque chose à faire. Luttons contre cette ville dortoir qu’on nous impose et manifestons nous!!!!

  3. Laurent dit :

    C’est un choix politique de privilégier tel tourisme à un autre, le familial et/ou culturel plutôt que celui plus jeune et/ou festif…

    Et l’heure de fermeture des boites a visiblement rétréci, c’est plutôt 3 h en ce moment… cf. le Bloc… :(

    Après, c’est une question d’habitudes horaires, ça avancerait les heures de sorties, finie l’arrivée en boîte à 1h du matin. Mais de toute façon, à l’UC ou ailleurs, à partir de 3h30-4h, ça se vide d’un seul coup, alors bon…

    Je crois pas en fin de compte que la fermeture à 1h pour les bars et 3h pour les boîtes ça changerait grand chose.

  4. Kulteuro dit :

    Très bon article. Voir aussi celui-ci sur le même thème : http://www.dessinons-lyon.fr/?p=220
    Le problème n’est pas que lyonnais. Paris a les mêmes soucis. Je dirais que c’est un problème français. A rajouter au débat sur l’identité nationale ? être français c’est ne pas sortir…
    En tous cas les autres grandes villes européennes sont beaucoup plus vivantes la nuit. C’est d’ailleurs une remarque que m’a faite pas mal d’européens venus visiter Lyon : « mais où sont les gens après 22h ? ». Forcé de répondre : chez eux ! Dramatique !

  5. olivier69 dit :

    Puisque tu parles de Paris, voici la pétition à signer en ligne (avant le 31 décembre)
    http://www.quandlanuitmeurtensilence.com/

  6. brice 74 dit :

    bonjour, pourriez vous mindiquer qu’à de plus la politique culturelle barcelonaise et berlinoise concretement de plus.
    comment gère elle mieux la vie culturelle concretement?

    merci , cest pour une étude sur le déclin de la vie nocturne à lyon.
    HELP !!!

Ton avis - ajouter un commentaire:

CAPTCHA image

C'est aussi sur GayinLyon.com: