Sida : l’autre oublié du gouvernement?

journeemondialesidalyon2011A une semaine de la journée mondiale contre le sida, la Lesbian and Gay Pride de Lyon regrette l’absence de volonté politique forte du gouvernement à lutter contre le sida. L’association compte bien interpeller les partis politiques, lors le 1er décembre prochain. Dans le cadre de la journée mondiale contre le sida elle participera à une manifestation qui aura lieu à 18h30 place Bellecour et dont le mot d’ordre est « Sida: L’autre oublié du gouvernement ».

Dans un communiqué, la Lesbian and Gay Pride de Lyon s’en prend directement au Président de la République, ainsi qu’à son ministre de la Justice, auxquels elle reproche d’avoir loupé deux belles occasions d’avancer dans la lutte contre le Sida. « Cette semaine était une semaine importante pour la lutte contre le Sida et la sérophobie. Malheureusement Michel MERCIER et Nicolas SARKOZY loupent encore le coche » affirme la LGP Lyon. Et d’expliquer:

« Nicolas SARKOZY refuse d’éradiquer le SIDA dans le monde »

Le lundi 21 novembre 2011, le Sénat a adopté un amendement budgétaire créant, en France, la taxe sur les transactions financières (TTF). Lors du G20 le président de la république s’engageait : « une partie importante, voire totale, du produit de la taxe doit aller au développement ». La Lesbian and Gay Pride de Lyon félicite le Sénat pour cette décision, et appelle maintenant le Président de la République à passer des mots aux actes, en soutenant l’amendement du Sénat et en affectant la taxe au développement sous ses différentes formes, y compris la lutte contre le sida. Pour François BAROIN, la France devrait attendre le reste de l’Europe pour mettre en place cette taxe. Or, David Cameron se vante de bloquer tout accord européen en ce sens. Pourtant ces sommes sont indispensables pour mettre en place des programmes de prévention et de dépistage qui permettraient de contrôler la propagation de l’épidémie, préalable indispensable à l’éradication du VIH. Sarkozy choisira t-il le camp des spéculateurs, ou celui des malades ? La vie de 10 millions de séropositifs en attente urgente de traitement en dépend.

« Michel MERCIER refuse de lutter contre la sérophobie et de protéger les malades »

Par ailleurs, le mardi 22 novembre, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, par une écrasante majorité, l’allongement du délai de prescription de 3 mois à 1 an pour les injures publiques à caractère homophobe, sexiste et handiphobe. Cette proposition de loi, présentée par Catherine Quéré, députée PS de Charente-Maritime mettra ainsi fin, au terme du processus législatif, à une inégalité qui existe à ce jour entre plusieurs critères de discrimination concernant les injures, diffamations et provocations à la haine et à la violence. Par contre, la Lesbian and Gay Pride de Lyon regrette que Michel MERCIER se soit opposé à l’ajout des critères de l’identité de genre et de l’état de santé, proposé par les amendements de Martine Billard, députée du Parti de Gauche. Ces nouveaux critères auraient permis de sanctionner les injures dont sont quotidiennement victimes les personnes trans et les personnes atteintes du VIH, déjà socialement stigmatisées. La sérophobie n’est pas prise en compte dans la loi si une personne se fait insulter ou agresser à cause de sa séropositivité. La Lesbian and Gay Pride de Lyon se mobilise donc pour que la sérophobie soit enfin reconnue comme « circonstance aggravante », au même titre que l’homophobie et le racisme.

« Nicolas SARKOZY et Michel MERCIER avaient l’occasion d’améliorer le sort des malades, de lutter activement contre le sida et la stigmatisation des personnes touchées » explique l’association. « Ils ont, une fois de plus, loupé le coche » ajoute t-elle. Afin de faire avancer ces dossiers, les différentes associations qui se joindront à la marche comptent bien interpeler l’ensemble des partis politiques pour qu’ils se positionnent avec clarté. A la manière des marches des fiertés, elles ont ainsi choisi un mot d’ordre pour la manifestation du 1er décembre « Sida : l’autre oublié du gouvernement ». Un appel est lancé pour que les partis politiques s’engagent dès maintenant et reprennent dans leurs programmes les revendications portées par ces associations.

Commentaires

Un commentaire sur “Sida : l’autre oublié du gouvernement?”
  1. liconono dit :

    Pour que les gens comprennent que l’éradication est possible et que la lutte contre le sida ne relève pas de l’humanitaire ( une bonne action « à la marge » sans conséquence sur une mission imaginée impossible ), encore faudrait-il que le grand public soit informé que les traitements rendent non contaminants, car aujourd’hui on se contente de dire que les traitements réduisent le risque, ce qui est une manière légale de mentir en prétextant une possibilité théorique ou marginale complètement négligeable y compris chez les gays.

    Dit-on que le préservatif diminue le risque de contamination ? Non, on dit qu’il protège ! Or le traitement protège bien mieux du risque que le préservatif car une fois informés que les traitements protègent, les séropositifs sexuellement actifs prennent ces traitements alors qu’ils sont loin de mettre les préservatifs.

    Il faudrait comprendre une fois pour toutes que tant que l’on fera croire aux gens que les séropositifs sont contaminants à vie, les raisons de ne pas aller au dépistage sont tout à fait légitimes chez celui qui est sérointerrogatif, et que les chances d’éradiquer le sida sont alors impossibles.

    La science a avancé sans que le grand public en soit informé, et c’est là qu’on mesure les dégats avec cette taxe « Tobin » aussi géniale qu’incomprise par le grand public. Il n’existe aucun relai de pression dans l’opinion parce que donner de l’argent pour le sida et soigner les malades, personne ne comprend aujourd’hui à quoi ça sert pour vaincre l’épidémie. La pression populaire est inexistante parce que le grand public est désinformé par certaines politiques de prévention encore pratiquées, y compris sur ce site ,tout simplement.

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