Pour ou contre le mariage gay? Les candidats lyonnais répondent

Êtes-vous pour ou contre le mariage homosexuel ? Et l’adoption par des couples homosexuels ?

Le magazine Lyon Capitale a interrogé ces dernières semaines l’ensemble des candidats aux législatives avec un panel de questions, dont celles sur l’égalité des droits pour les couples de même sexe. Zoom sur les réponses obtenues dans les 4 circonscriptions de Lyon (attention: certaines réponses peuvent choquer!):

1ère circonscription (Lyon 2ème, 5ème, 7ème, 8ème et 9ème)

André Morin (FN) : Non.

Michel Havard (UMP) : Je suis opposé au mariage homosexuel car je considère que le mariage doit rester ce qu’il est : l’union d’un homme et d’une femme dans le but de fonder une famille et d’avoir des enfants. Il faut par ailleurs souligner que les couples homosexuels ont à présent la possibilité de conclure un PACS. Je suis en revanche ouvert à une réflexion sur la possibilité d’un contrat d’union civile en Mairie donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés, à l’exception de la filiation et de l’adoption, ainsi qu’un statut de beaux-parents, valable pour les familles recomposées et homoparentales.

Gauthier Blin (Lyon Divers droite) : Je suis contre le mariage homosexuel et contre l’adoption par des couples homosexuel. Il ne sert à rien de rajouter de la souffrance à la souffrance, l’enfant adoptable ne connait ni son père ni sa mère naturels, il est inutile de le priver à nouveau d’un père ou d’une mère. Actuellement les couples hétérosexuels ne trouvent pas d’enfants à adopter (au moins 30 000 demandes insatisfaites). A qui doit-on accorder la priorité, à l’enfant ou à l’adulte?

Maguy Girerd (Debout la République) : Je suis opposée au mariage des homosexuels. Cette union doit être réservée à un homme et une femme. C’est pourquoi, le PACS me semble une bonne solution. Par contre le statut de l’enfant, lorsqu’il y en a, doit être revu.

Florence Maury (Modem) : Il faut reconnaître l’égalité des droits des homosexuels par une union civique inscrite à l’état civil. Les homosexuels engagés dans une union doivent pouvoir adopter au même titre que tous citoyens en couple.

Emmanuel Pasco-Viel ( Cap 21) : Pour, je suis pour l’égalité des droits pour tous les couples.

Thierry Braillard (Parti Radical de gauche, soutenu par Gérard Collomb) : L’évolution de notre société ne justifie pas que les couples homosexuels fassent l’objet d’une discrimination ou que l’accès à certains droits soit limité. Le PACS a certes constitué une avancée en matière de droits mais est loin de tout résoudre, notamment en matière d’héritage, de droits de succession, etc. C’est une réalité qu’il faut que le législateur prenne en compte comme l’a suggéré François Hollande dans ses 60 propositions.

Philippe Meirieu (Europe écologie-les verts) : Les couples de même sexe doivent pouvoir bénéficier de tous les droits conférés aux couples de sexes différents : le mariage, mais également le droit d’adopter et de fonder une famille dans les conditions qu’ils auront choisies. Dans tous les cas d’adoption et pour tous les couples, un accompagnement doit être proposé aux parents pour qu’ils puissent effectuer l’éducation dans “l’intérêt supérieur de l’enfant”.

Antoine Beils (Solidarité et Progrès) : Un couple d’adultes fidèles offre aux enfants la sécurité familiale nécessaire à leur épanouissement. Je suis donc favorable à ces deux mesures.

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2ème circonscription (Lyon 1er, 4ème et 9ème)

Christophe Limousin (Mouvement pour la France) : Je suis contre les deux. La proposition n°31 de François Hollande disait ceci : « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels ». Il faut déjà savoir que cette proposition ne repose sur aucun fondement juridique. En effet, l’idée de conférer des droits substantiels aux personnes homosexuelles n’exprime rien de plus qu’un abus de langage, car aucun droit substantiel n’est conféré aux individus sur le critère de l’orientation sexuelle. La catégorie juridique des personnes homosexuelles n’existe pas, pas plus d’ailleurs que celle des personnes hétérosexuelles. Le droit positif ne considère que l’identité sexuelle, donnée objective, à savoir le fait d’être un homme ou une femme. Il s’agit donc d’une confusion dans le projet socialiste que Sylviane Agacinski dénonce : « On semble ne pas remarquer que la revendication du mariage homosexuel ou de l’homoparentalité n’a pu se formuler qu’à partir de la construction ou de la fiction de sujet de droits qui n’ont jamais existé : les hétérosexuels ». C’est en posant comme donnée réelle cette close illusoire de sujets que la question de l’égalité des droits entre « homosexuels » et « hétérosexuels » a pu se poser. Il s’agit donc bien d’une fiction. Car ce n’est pas la sexualité des individus qui a fondé le mariage ni la parenté, mais d’abord le sexe, c’est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. Par conséquent, le droit français et les droits européens en général ne se fondent jamais sur l’orientation sexuelle des personnes. C’est pourquoi cette revendication est sans objet. Le mariage n’a pas pour raison d’être de donner un statut au couple. Mais il offre un cadre protecteur à la famille. Cette spécificité du mariage fondée sur sa dimension familiale a encore été réaffirmée par le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 29/07/2011. Sécurité pour la famille car les relations familiales sont ainsi soustraites aux aléas de la volonté et bénéficient des garanties légales, au cours du mariage, comme au moment de sa dissolution.

Emmanuel Hamelin (UMP) : Je suis opposé au mariage homosexuel et à son effet induit, l’adoption. Cette proposition socialiste est non seulement inopportune mais surtout déstabilisatrice de la structure familiale dans laquelle un enfant doit se développer et grandir. Sur cette question, il est important de penser d’abord à l’enfant plutôt qu’aux parents. Aucune raison donc à ce que le législateur s’immisce dans la sphère familiale.

Denis Broliquier (Lyon Divers droite) : Les dispositions existantes me paraissent suffisantes. Je n’y suis pas favorable.

Maud Geldreich (Debout la République) : Je ne suis absolument pas favorable au mariage des homosexuels. Cette union doit être réservée à un homme et une femme, ceci est important pour qu’un enfant puisse garder ses repères. De plus, le Code de la famille est très clair, notamment l’article Art 371-1 qui je cite « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient au père et à la mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. «  Le Code familiale est très clair et parle de père et de mère concernant l’enfant. De ce fait je ne peux pas être favorable à l’adoption par des couples homosexuels, ce qui irait à l’encontre du droit Français. L’Etat a déjà créé le PACS qui au bout de 3 ans donne les même avantages que le mariage ou presque, pourquoi vouloir aller plus loin alors que l’Etat s’est déjà penché sur le problème.

Luc Landrot (Parti Fédéraliste Européen et de l’Alliance Écologiste Indépendante) : Le mariage implique l’adoption. Ils sont indissociables. Il existe aujourd’hui le PACS qu’il faut peut-être rénover mais si beaucoup de couples hétérosexuels choisissent ce type de contrat c’est qu’il a des avantages ! A mon sens l’adoption pour les homosexuels ne doit pas être autorisée car on ne peut connaître l’impact sur les enfants d’être élevés dans de telles circonstances. La nature a voulu qu’un enfant soit le fruit de l’union d’un homme et d’une femme et j’ai tendance à penser que si c’est le cas, c’est qu’il doit y avoir de bonnes raisons à cela.

Emeline Baume (Europe écologie-Les verts) : Oui, l’adoption par des couples homosexuels doit être instaurée. Ce n’est pas parce que l’on est « homo » que l’on ne peut pas être parents: éduquer et accompagner des enfants et leur apporter l’affection dont ils ont besoin. Les couples « hétéro » ne garantissent en rien le préjugé d’une stabilité plus forte qu’avec les couples homo. Il s’agit bien d’apporter cette question sous l’angle de la parentalité.

Fabienne Lévy (Parti Radical Valoisien) : Au fond l’essentiel c’est qu’un enfant grandisse dans un environnement aimant et entouré de personnes qui s’aiment. Aujourd’hui les familles sont souvent recomposées et / ou de plus en plus de personnes vivent seules ; l’enfant n’ayant donc pas de représentations du père ou de la mère sexués. Je pense aussi aux pères qui ont eu des enfants et ont fait leur coming out. La morale souvent est en avance sur le droit et dans cette hypothèse c’est le cas. Le Parti radical de Jean-Louis Borloo est pour le mariage homosexuel au nom de l’égalité. Le Parti radical est d’ailleurs très attaché à la laïcité et considère que les règles morales du mariage religieux ne doivent pas s’imposer au mariage civil. Le Pacs a été une première étape très encourageante. Concernant l’adoption, un retour d’expérience de nombreux pays qui l’ont permise montre que les enfants ne vivent pas moins bien dans un couple homosexuel que dans un couple mixte. Je crois sincèrement qu’il faudra légiférer dans le cadre d’une politique familiale pragmatique en essayant de ne pas heurter les citoyens.

Pierre-Alain Muet (PS) : Je suis favorable à l’ouverture du mariage et à l’adoption aux couples de même sexe. J’étais cosignataire et j’ai voté la Proposition de Loi socialiste ouvrant le mariage et l’adoption, refusée par la droite.

Clémence Flusin (Solidarité et Progrès) : Selon moi, cette question de société et d’actualité devrait faire l’objet soit d’un référendum populaire soit d’un vote parlementaire, accompagné d’une véritable campagne d’information sur le sujet qui irait bien au-delà des seules questions du mariage ou de l’adoption par les homosexuels. Il me semble, par exemple, essentiel de rappeler que le plus grand taux de suicide chez les jeunes touche les homosexuels, ou encore qu’il est interdit aux homosexuels de faire des dons de sang ! Maintenant, si je devais donner mon opinion intime sur le sujet, c’est-à-dire en tant que citoyenne et non pas en tant que candidate aux élections législatives, je dirais que je ne vois pas d’objection majeure, ni au mariage des homosexuels ni à l’adoption par des couples homosexuels. Je pense que l’orientation sexuelle de chacun doit être respectée au plus haut niveau, autrement dit au niveau étatique. J’ai grandi dans une famille chrétienne qui m’a transmis les belles valeurs du respect de l’autre et de l’épanouissement de l’autre. Ce sont mes plus grandes préoccupations.

Anne Charmasson-Creus (Front de gauche) : Nous ouvrirons les droits au mariage à tous les couples sans distinction de sexe ou de considération d’identité de genre. Nous ouvrirons le droit à l’adoption simple aussi bien que plénière sans distinction de genre ou d’orientation sexuelle, pour obtention de l’agrément, pour les couples (mariés, pacsés, concubins) ainsi qu’aux personnes célibataires.

Nicolas Guyard (Parti pirate): Ne se prononce pas.

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3ème circonscription (Lyon 3ème, 7ème et 8ème)

Jeanne de Carbonnières (FN) : Contre, et contre l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

Laure Dagorne (UMP) : Je ne suis pas favorable au mariage homosexuel, mais j’ai la conviction profonde que tous les couples doivent avoir accès à des droits similaires. C’est la raison pour laquelle je suis favorable, comme beaucoup d’autres, à une union civile qui offre à tous les couples qui souhaitent s’unir devant la Loi les mêmes droits. La société doit pouvoir reconnaître l’amour de ces couples en leur ouvrant les mêmes droits qu’aux autres couples. Pour ce qui est de l’adoption des homosexuels, je n’y suis pas favorable et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas en faveur du mariage homosexuel. Ce sont des questions qui impliquent des philosophies et des visions de la vie complètement différentes, et pour lesquelles il faut avoir un débat serein, sans précipitation.

Maxime Caminale (Lyon Divers Droite) : Les dispositions légales actuelles, telles que le PACS me paraissent suffisantes. Je m’oppose à l’adoption par des couples homosexuels.

Eric Curinier (Cap21) : Pour.

Céline Bos (Centre pour la France): Je suis favorable au mariage homosexuel qui est un signe de reconnaissance de l’universalité de l’amour. L’homoparentalité doit aussi être reconnue. Je suis également favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe. L’homoparentalité est d’ailleurs déjà une réalité pour des centaines de milliers de personnes dont un parent s’est découvert homosexuel ou bisexuel après la naissance de l’enfant.

Eric Lafond (Modem) : Je suis favorable à une égalité de droits et de devoirs, et cela vaut pour l’adoption. Toutefois je pense que la revendication du mariage est un mauvais combat, au sens où il heurte la sensibilité des personnes pour qui il s’agit d’abord d’un engagement religieux.

Jean-Louis Touraine (PS) : Je suis favorable aux deux.

Marina Avenas (Solidarité et Progrès) : Dans les textes, le mariage est le premier pas pour fonder une famille. Il faut donc penser avant tout à l’enfant et à son meilleur épanouissement. Il me semble qu’aimer un enfant, l’aider à grandir, lui servir de modèle dans la vie n’est pas une question de sexe mais de caractère et d’engagement.

Valérie Mira (Alliance écologique) : Ces questions et principalement l’adoption nécessitent un débat au cours duquel nous pourrons analyser les impacts sur les nombreux enfants qui sont élevés ou ont été élevés par des parents homosexuels. En ce qui me concerne, je suis favorable aussi bien au mariage qu’à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels et cela tout en considérant le bien de l’enfant au regard des retours d’expérience dont j’ai pu prendre connaissance.

Fanny Dubot (Europe écologie-les verts) : Pour. Ma proposition : autoriser le mariage et l’adoption pour tous les couples.

Marc Chinal (Voter Après Monnaie) : S’il suffisait d’être hétérosexuel pour être de bons parents, cela se saurait.
 Je suis pour les deux.

Eleni Ferlet (Front de Gauche) : Le Front de Gauche est pour le mariage homosexuel; nous avons un programme partagé « L’humain d’abord » dans lequel nous avons pour projet la 6ème République fondée sur l’égalité des droits pour toutes et tous, et ceci quelque soit l’orientation sexuelle, par conséquent nous sommes pour l’adoption par des couples homosexuels. Les députés Front de Gauche s’engageront en faveur de l’égalité des droits pour les personnes LGBT. Nous nous engageons à adopter une loi pour l’égalité qui éradiquera toute discrimination.

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