Les mauvais comptes de Go To Lyon

gotolyonCréée il y a plus de 9 mois, l’association Go To Lyon avait pour objectif de fédérer autour d’elle les commerces gays et lesbiens de l’agglomération lyonnaise afin de promouvoir la vie gay locale et offrir un guide complet à destination des touristes. Aujourd’hui, force est de constater que l’association n’offre pas la visibilité escomptée. Pire, elle présente un guide volontairement incomplet des commerces gay lyonnais.

C’est il y a un an que le projet Go To Lyon voit le jour. Porté par Jean-Luc Vincent (Le Forum Bar) et Marilyne Genevrier (Le Domaine Bar), il a pour objectif d’attirer des touristes LGBT à Lyon, ville de plus en plus gay-friendly. Quelques mois plus tard, l’association est enregistrée à la préfecture et le site internet créé. Les membres sont tous des représentants de commerces gays et/ou lesbiens de l’agglomération lyonnaise.

Ce qui sur le papier apparaissait comme un beau projet (qui ne souhaite pas soutenir la ville de Lyon et ses établissements gays?) cache en réalité un manque de concertation évidant et des intérêts pour le moins douteux.

En effet, la ville de Lyon compte déjà plusieurs sites internet à destination des gays dont deux majeurs: GayinLyon.com (14 000 visiteurs par mois) et Lyongay.net  (5 000 visiteurs par mois). Selon nos informations, GotoLyon.com enregistre une centaine de visiteurs chaque mois, un échec cuisant pour un site web censé promouvoir les commerces gays lyonnais! La page Facebook de l’association ne remporte d’ailleurs pas non plus un très grand succès: 15 personnes aiment Go To Lyon… c’est moins que le nombre de ses adhérents!

Plusieurs raisons expliquent le peu d’engouement pour GotoLyon.com. Tout d’abord, son manque de crédibilité. A l’inverse de ce qu’elle prétend, l’association n’a pas fédéré autour d’elle. Ses 19 adhérents ne représentent pas la moitié des établissements gays ou gay-friendly de Lyon. Les principaux bars et boites gays, à savoir Le Crazy, L’UC, le Cap Opéra, l’Etoile Opéra, le Pink’s, le Broc Bar, le Matinée Bar (…) ne sont pas référencés, puisque non-adhérents. Gotolyon.com présente donc une image totalement fausse de ce qu’est le milieu gay lyonnais.

Pourtant, comme le mentionne ce site, « Trop souvent, les personnes (…) qui programment une escapade entre Rhône et Saône (…) se trouvent un peu perdues dans le flot d’informations, pas toujours exactes, des guides. Rares sont les rubriques gays et lesbiennes vraiment mises à jour car aucune n’est insufflée directement par les commerçants (comme sur) www.gotolyon.com ». C’est justement sur ce point que Go To Lyon n’apparait pas légitime. Comment quelques établissement gays peuvent-ils gérer un site et guide d’information en étant à la fois juge et partie, avec des intérêts commerciaux importants à la clé? Ne serait-ce que parmi ses adhérents, on remarquera étrangement que certains établissements ont droit à une critique très positive, lorsque pour d’autres, seuls les horaires d’ouvertures sont mentionnées.

S’il est encore trop tôt pour juger des actions de communication de Go To Lyon, on peut tout de même se poser un certain nombre de question. Comment cette association peut-elle offrir une plus grande visibilité au milieu commercial gay lyonnais avec si peu de moyens et de légitimité? Alors qu’il existe déjà des structures comme le SNEG (Syndicat National des Entreprises Gays), on voit également mal cette association intervenir dans le domaine syndical ou dans la prévention. Sur ce dernier point, de nombreuses associations locales sont également actives.

Loin du monde associatif, très mal référencé, sans mise à jour et encore peu légitime, Go To Lyon a donc du pain sur la planche s’il souhaite faire rayonner le tout Lyon gay (ou une partie du tout Lyon gay du moins!). Mais toute cette énergie est-elle bien nécessaire pour défendre indirectement les intérêts privés de quelques établissements gays et lesbiens lyonnais? Les commerces gays lyonnais ont-ils besoin d’une structure associative pour travailler ensemble? Ou serait-ce là une façon de mieux s’opposer au milieu associatif gay lyonnais?

Commentaires

10 commentaires sur “Les mauvais comptes de Go To Lyon”
  1. Jm dit :

    je sur-kiffe !

  2. olivier069 dit :

    C’est marrant de constater à quel point les établissements gays et lesbiens lyonnaise n’ont pas changé …
    Il y a 15 ans, tout juste majeur je militais dans le milieu associatif gay lyonnais…
    Les commerces de l’époque n’étaient pas les même, mais les patrons se tiraient déja dans les pattes, hormis deux etablissements, le bar du centre et le Village club.

  3. cyril le boss dit :

    On peut se poser la question à cette situation ne serait pas la crise économique qui frappe les établissements gays et les commerces de Lyon en général. Trop d’établissements gays par rapport à notre communauté qui sort et cela crée – bien-sûr – des réflexes de survie (chacun pour soi).
    Ensuite comme dans toute association, il y a toujours les réflexions humains : les contents, pas contents, les actifs, les passifs (lol)
    Cette situation est présente dans la plupart des villes.
    Au delà, une autre question pour élargir la discussion ; les jeunes gays se sentent plus acceptés que nous dans le passé. Au point que beaucoup d’entre eux, ne voient plus l’intérêt d’une communauté
    Cyril

  4. olivier069 dit :

    Lyon cherche a se revendiquer comme métropole européenne ….
    Et pourtant l’un des bar-dancing qui fonctionne le mieux est un sous-sol humide, qui sent l’humidité et la fosse septique…

  5. Capucin69 dit :

    @ Olivier… tu dois confondre avec l’odeur corporelle des gens! Depuis que ça ne sent plus le tabac, à la moindre chaleur, certains clubs deviennent de vrais saunas…. avec les odeurs de sueur en plus! :/

    Pour revenir sur le sujet, je ne crois pas en Go To Lyon. Ca ne se fait nul part ailleurs, et il est évidant que ceux qui tiennent un telle assoc, au moindre problème, feront tout pour sauver leur commerce au détriment des autres. Pour bien faire, il aura fallut que les président / trésorier d’une telle assoc soit des personnes indépendantes aux gérants des commerces.

    Perso je comprends que certains établissements ne souhaitent pas qu’on parle en leur nom.

  6. Julien LyonGay dit :

    J’adhère à l’analyse. J’ai tenté d’approcher les 2 établissement initiateurs de gotolyon et l’accueil a été glacial. On m’avait promis, rdv fin mars et tu verras, le site sera prêt, sic!

    A l’inverse de l’image d’ouverture présentée, l’association ne fait que se renfermer sur elle même. La visibilité se trouve déjà sur GayInLyon.com et LyonGay.net et les commerces trouveront un meilleur intérêt à s’associer avec ces sites qu’à un site ou l’entrée est payante (75€ la première année selon mes dernières informations). Le jour ou les internautes taperont « bar gay à lyon » sur Google et que Gotolyon apparaitra, n’est hélas pas demain…

    Malgré ceci, je pense que toute initiative peut être bonne en soi, le projet aurait pu être intéressant porté par une structure indépendante et neutre, il n’est peut être pas trop tard pour réagir !

  7. MW dit :

    Force est de constater que le site gay in lyon, tout comme sont homologue Lyongay.net ont la volonté d’être des sites d’infos et guide gay, tournés exclusivement vers un public masculin cisgenre. Il n’y a qu’à regarder l’agenda pour voir vers qui est destiné ce site.
    J’ai été voir Gotolyon, et il propose un certain nombres de lieux lesbiens.
    Je ne fréquente pas assidûment les bars, boites… donc autant dire savoir quel est le meilleur site pour aller dépenser son argent ça me passe au dessus de la tête.
    Par contre, Je vois que vous taguer « lesbien » en mot clef de votre site pour qu’il y ait plus de visites, que les lieux lesbiens sont effectivement mentionnés dans la rubrique « carte des lieux gay », qu’aucun article ne concerne les lesbiennes, les personnes trans’… ou encore que vos actualités se résument à la carte des plus gros pénis du monde, et à l’élection de mister gay, ou des sorties en boîtes/bars gais.
    C’est beau un site qui se veut, dans un certaine mesure, fédérateur d’une communauté au niveau local, et comme c’est bizarre est (l)G(b)(t). Les gais avec des relents misogynes, un vieux sujet hein?

  8. lol dit :

    Lol… En attendant ou sont lesbianinlyon.fr Bilyon.com ou Lyontrans.net ? C des sites gay et alors ? Si je fais un site sur les chats, je suis obligé de parler des chiens, canaris et dragons de komodo ?

  9. olivier069 dit :

    et les hermaphrodites, vous en faites quoi ?????

  10. Albert dit :

    Je ne lis là que des griefs que l’on pourrait retourner a ceux qui les invectives. Ils est dans notre nature enfin surtout de certain de dénigrer, de moquer, et caricaturer… leur propre inaction, leur propre ambition, leur propre précipitation, impatience et esprit volage.
    Car enfin, une initiative ne se fait pas tout seul surtout une association qui repose sur la l’adhésion et la disponibilité de celles et ceux qui veulent bien y consacrer leur talents, leur envies leur mobilisation sur le long terme.
    Une action associative n’est pas un un élan passager et consumériste mais un élan du cœur de servir un intérêt général. Et pour ma part il n’y aura jamais assez de cette générosité.
    Au lieu de baver, si vous êtes pas content créer donc quelques chose ou essayer de faire survivre nos commerces gays. Faite évoluer l’existant en vous impliquant en adhérant ou prenant des responsabilités. Vous pourrez alors faire évoluer les choses de l’intérieur en donnant de votre temps de vos moyens… Une association associe des gens, rien ne se fait tout seul !
    Et il y a la place pour tout le monde, merci de votre attention !

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