Gay Pride©: les soirées non-officielles sur le qui-vive!

gayprideofficialEn marge du programme officiel de la quinzaine des cultures LGBT (Lesbien Gay Bi Trans) avec comme point d’orgue la marche des fiertés du 12 juin, de nombreux établissements gay (mais pas que!) rivalisent d’idée pour attirer les quelques 10 000 participants à cet événement.  Il faut dire que l’enjeu est énorme: un soir de Gay Pride, le chiffre d’affaires des plus grosses soirées peut rapidement atteindre les 15 000€. Du coup, le coin flyers des bars regorgent actuellement d’une tonne de prospectus en tout genre, empruntant par la même occasion des termes comme Pride, GP, official Party et autres terminaisons douteuses…

Ce que nombreux établissements ignorent (ou font mine d’ignorer), c’est qu’ils sont parfois à la limite de la légalité. En utilisant des marques déposées sans autorisation, ils pourraient s’attirer les foudres de la Coordination InterPride de France (CIF).

La CIF est l’organisation qui fédère les associations organisatrices de marches homosexuelles revendicatives et festives, les fameuses Lesbian & Gay Pride ou Marches des Fiertés LGBT. Elle est l’organe qui autorise l’utilisation de plusieurs marques déposées: « Lesbian & Gay Pride », « GayPride » « Pride » ou encore « Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi, et Trans ». Les associations locales organisatrices de la marche des fiertés (et leurs partenaires membres de la LGP) peuvent ainsi utiliser ces termes.

Petit tour d’horizon des soirées non-inscrites au programme officiel:

Délice Speciale Pride (vu sur Facebook) ou Délice Official Party au Bloc (!! non officiel pour autant!), We Love Mlle Lucy Spéciale LGP au DV1 (LGP ?? c’est quoi ça?), l’United Pride à L’UC, la Friends Pride au Friends-Club, So Kute So Pride au Gotha Club,  Condom « My Pride session » au Matinée Bar (des établissements tous aussi « fiers » les uns que les autres!), ou encore le très fort Day Pride du Cap Opéra qui s’attribue modestement la Biggest gay & lesbian night party avec sa Pool Party.

Pour information, la soirée officielle (before et soirée) se déroule au Pinks Club, établissement qui tous les ans organise un char à ses frais et reverse un don conséquent à l’association Lesbian & Gay Pride de Lyon. Le Crazy organise également une soirée officielle Gay Pride ce soir là.

Bref, une histoire de marques qui prête à sourire, tant certains mots sont entrés dans l’usage courant. Mais voilà, derrière tout cela, se cache une affaire de gros sous laissant un certain goût amer…

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MAJ 10 JUIN 2010: A la demande de plusieurs gérants d’établissement, nous avons retiré les affiches en question de notre site. Bonne marche à tous!

Commentaires

7 commentaires sur “Gay Pride©: les soirées non-officielles sur le qui-vive!”
  1. Nicole dit :

    L’usage d’un code de la propriété intellectuelle ne serait pas de trop pour GIN !
    L’usage de « Gay Pride » est encadré par le dépot d’une marque renouvelable.
    Mais le mot « pride » ne constitue pas en lui même une marque, ni une sous marque. Alors avant de tirer des conclusions que seul un juge peut tirer, il serait bon de se renseigner.
    Oui le Pink’s club a la soirée officielle mais combien a t’il payer pour l’avoir ? Même si la soirée n’est pas marchandé, on sait tous que les investissements publicitaire oriente le choix des responsables de la LGBT Lyon !

  2. sebdespentes dit :

    Apparemment « Pride » serait également une marque déposée http://www.france.qrd.org/assocs/interpride/pages/charte.php . Après c’est clair que c’est limite… et que de tels mots ne devraient pas pouvoir être déposés comme marque. Et puis j’imagine mal des assocs gay attaquer des commerces gay… pas très friendly tout ça! ;-)

  3. Olivier dit :

    Nicole, avant de dire des âneries, renseignez vous un minimum. GIN a parfaitement raison, Pride, tout comme gaypride et lesbian and Gay Pride sont des marques déposées propriété de la SOFIGED. Celle çi en laisse l’usage et la capacité d’en négocier l’usage à toutes les associations organisatrices de marche signataires de la charte éthique de la CIF. Cf site de la cif http://www.interpride-france.org/pages/charte.php, et dépot à l’INPI : http://bases-marques.inpi.fr/Typo3_INPI_Marques/marques_fiche_resultats.html?index=108

    Ensuite, sur un plan éthique, trouves tu normal que des commerces cherchent à tirer un maximum de profit d’une soirée organisée pour la marche en utilisant de manière plus ou moins détournée son nom sans reverser un centime à l’association qui l’organise? Car sans l’association pas de marche, or une marche non seulement ça prend du temps mais aussi de l’argent. La LGP est uniquement composée de bénévoles, tout l’argent récolté est uniquement consacré aux projets : organisation de la marche, des conférences et autres débats, accompagnement de victimes d’agression, de discrimination, de couples binationaux LGBT, de demandeurs d’asile LGBT, etc.

  4. Le Petit Pop dit :

    Des « investissements publicitaires qui orientent les choix de la LGBT Lyon »: double sic!

    D’abord, l’association organisatrice est la LGP Lyon. Ensuite, il est toujours épuisant que des personnes qui ne font rien viennent critiquer ceux qui font! L’esprit critique c’est bien, l’esprit de critique c’est épuisant et stérile.

    Le problème est assez simple et bien dit dans l’article: la Marche peut être rentable pour les commerces, et les mêmes qui reprochent à la LGP Lyon son activisme sont heureux d’essayer de récupérer à leur profit financier cette activité.

    Ça serait utile d’arriver à un « Yalta commerces – militants »: les commerces laissent les militants organiser la Marche et les associations concèdent (contre rémunération, bien sûr) l’utilisation des termes déposés (dont « pride »: et oui, Nicole, il faut se renseigner avant de parler) pour qu’ils puissent organiser leurs soirées juteuses, ainsi chacun fera ce qu’il sait faire dans le respect de l’autre.

  5. Kisser dit :

    Il est évident que chacun cherche à tirer la couverture à soi, la LGP Lyon pour d’évidentes raisons politiques (je vous laisse faire quelques recherches sur la composition du conseil d’administration et les CVs correspondants, vous jugerez par vous-même), les commerces pour d’encore plus évidentes raisons financières.

    Et si on nous rendait la pride ? Je veux dire, et si on contraignait enfin la fameuse SOFIGED, qui est une agence de communication je le rappelle, à but lucratif donc, à rendre la propriété de l’ensemble des marques concernées à une association fédératrice, démocratique et représentative ?
    Les associations certes sans but lucratif mais pourtant bel et bien intéressées quoi qu’on en dise, n’ont-elles pas été complices de cette appropriation des dénominations militantes par une société privée ?

    Commençons par rendre la pride à ceux à qui elle appartient, c’est à dire l’ensemble des lesbiennes, des gays, bi, trans et intersexes !!! Commençons par adhérer aux associations concernées afin d’y détenir un droit de regard et de vote à l’occasion des assemblées générales. Commençons par militer, non de façon intéressée, mais pour faire valoir notre position avant tout.

    Quant aux commerces, après tout c’est une belle occasion pour eux d’organiser des événements, on ne va pas leur retirer ça…
    Surtout si cela leur permet de gagner un peu d’argent qu’ils pourraient fort utilement utiliser pour soutenir les associations, faire de la prévention… et nous proposer des événements de qualité tout au long de l’année… Finalement c’est peut-être cet engagement-là qu’on devrait leur demander de prendre pour pouvoir utiliser ces quelques mots…

  6. lila dit :

    Moi je m’en fou, il y a des lois, il faut les respecter, un point c’est tout !

  7. olivier069 dit :

    La Sofiged a été crée dans les années 90, suite à la débâcle financière de la soirée officielle de la LGP Paris organisée à Bercy.
    Cette société est venue éponger les dettes de l’association.

    Bref, et pour ce qui concerne les soirées « pirates », je pense qu’il faut relativiser également. Cette année la soirée officielle se déroule au Pinks, et non pas au transbordeur, comme ce fut le cas quelques années en arrière…

    Ils n’auront donc pas de mal a remplir la discothèque, malgré la concurrence.

    J’ai participé de très près à l’organisation de la LGP fin 90 – début 2000, et les batailles de clochers entre commerces, associations, politiques …. etc … sont non seulement épuisantes, mais improductives…

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