Et si un médoc protégeait du SIDA?

prep-aids-sida-confUn projet de recherche est actuellement en préparation en France (par l’ANRS) sur des traitements antirétroviraux utilisés en « prophylaxie pré-exposition » chez des homosexuels.

La « prophylaxie pré-exposition » (PrEP) consiste à proposer à des personnes séronégatives d’utiliser des antirétroviraux comme outil pour réduire le risque d’acquisition du VIH. Le projet d’essai en préparation aurait pour objectif d’évaluer l’intérêt potentiel qu’aurait cette technique chez les homosexuels masculins, parmi lesquels l’épidémie de sida est très active. En 2008, ils représentaient presque la moitié des nouvelles contaminations par le VIH en France.

Ce projet d’essai, et plus globalement la recherche de nouvelles stratégies pour prévenir la transmission du VIH, posent de nombreuses questions quant à sa pertinence et son opportunité, sa faisabilité, son éventuelle mise en place ainsi que sur les modalités de communication à envisager pour faire comprendre ses enjeux et ses limites aux gays.

L’intérêt d’un tel projet doit être discuté dans la communauté gay, pour savoir s’il répond, dans ses objectifs et ses modalités, aux besoins des personnes, tout en étant respectueux de leurs droits.

Pour faire en sorte que les besoins et les intérêts des gays qui sont concernés par ce projet d’essai soient représentés au mieux, des rencontres sont organisées dans toute la France. Leur objectif est d’être un espace d’information et d’échanges sur les enjeux actuels de la prévention et sur ceux de la PrEP.

A Lyon, le rendez-vous est donné vendredi 11 juin à 18h00. Une rencontre organisée par le TRT-5, Keep Smiling, AIDES, le FGL, ARIS, Warning, le SNEG, David et Jonathan et l’APGL dans le cadre de la Fière Quinzaine.

PrEP, donnez votre avis
Vendredi 11 juin 2010, 18:00 – 21:00
Salle WITKOWSKI
18 quai de Bondy Lyon 5ème

Commentaires

4 commentaires sur “Et si un médoc protégeait du SIDA?”
  1. Kisser dit :

    La médicalisation des gays rappelle de bien tristes souvenirs et il est tout aussi triste de constater que les associations soutenant ce dispositif sont à ce point aveugles !!!

    Sans jouer les « conspirationnistes », l’efficacité de telles mesures de prévention me paraît bien faible au regard du risque de manipulation par le lobby pharmaceutique. Tous les séropositifs traités notamment par la classique association Truvada+Sustiva savent bien quels sont les réels ravages (effets secondaires physiques et surtout psychologiques) provoqués par ces médicaments.

    Qu’est-ce qui empêchera demain que la complicité (expérimentée à l’occasion du scandale de la grippe A) entre des gouvernements homophobes et des laboratoires pharmaceutiques près à tout pour gagner de l’argent mène à des dérives dont on ignore aujourd’hui jusqu’où elles pourraient aller…

  2. Stanislas Mommessin dit :

    Bonjour Kisser,
    je précise que les associations ne font nullement la promotion de ce projet. C’est bien l’ARNS qui porte ce projet. Évidemment, les associations, et notamment les associations de santé, sont intéressées par cette thématique. Mais il est encore trop tôt pour donner un avis.
    En revanche, ce sont bien les associations qui organisent cette rencontre, ou consultation communautaire, dont l’objectif et d’informer et de débattre. Il s’agit d’après moi d’une vraie chance que de pouvoir faire entendre sa voix car en général, le public concerné par une recherche biomédicale quelle qu’elle soit n’est jamais consulté au préalable. Considérez cette rencontre comme une tribune, et venez nous faire part de vous interrogations et vos doutes.
    Cordialement,

  3. sebdespentes dit :

    Il me semble que la associations ne soutiennent pas ce dispositif, et organisent justement cette consultation pour prendre position. Je trouve la démarche plutôt bonne.

    Concernant le Lobby pharmaceutique, je pense en effet qu’il faut être méfiant ; tout autant pour les effets secondaires qu’induirait un tel traitement « préventif ».

    Efin il faut bien mesurer qu’on ouvre là une « boite de Pandore » qui va à contre sens de tous les messages de prévention pour une sexualité protégée. Le traitement resterait-il efficace si l’on « oublie » de le prendre… et qui s’en suit une relation non protégée?

  4. Kisser dit :

    @sebdespentes: je pense, comme tu sembles le suggérer à la fin de ton commentaire, qu’il y a en effet un véritable risque de « dé-responsabilisation » (pardon pour l’horrible néologisme) !

    @Stanislas: je ne parlais pas des associations organisatrices de cet événement mais bel et bien des nombreuses associations militantes gay hors de France qui se sont d’ores et déjà prononcées fortement en faveur de ce dispositif.

    Et je compte bien m’exprimer à l’occasion de cette rencontre que je vous remercie d’organiser afin les avis des uns et des autres puissent s’exprimer ;-)

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